Bilan carbone entreprise : ce qu'il faut savoir en 2026

27 min
12 janv. 2026 10:30:16

Ce qu'il faut retenir : si la simplification de la CSRD fin 2025 a relevé le seuil de reporting obligatoire à 1 000 salariés, la pression du marché, elle, ne faiblit pas. En 2026, le bilan carbone (incluant le Scope 3) devient le sésame indispensable pour répondre aux appels d'offres des grands groupes, sécuriser vos financements bancaires et piloter efficacement votre trajectoire de décarbonation. Maîtriser ses données pour le bilan carbone dès aujourd’hui n'est plus une contrainte légale mais un avantage compétitif décisif au cœur de la décarbonation des chaînes de valeur.

Face à des donneurs d'ordres de plus en plus exigeants, comment faire de votre bilan carbone le levier de compétitivité de votre stratégie dès 2026 ?

Cet article vous montre comment structurer vos données pour le bilan carbone pour répondre aux exigences de vos clients et de vos financeurs. Vous y découvrirez des méthodes concrètes pour cartographier vos émissions, fiabiliser vos chiffres et définir une stratégie carbone crédible et opérationnelle en 2026.

Bilan carbone et BEGES : ce qui change réellement en 2026

Le bilan carbone, plus qu'un simple chiffre

Le bilan carbone d'une entreprise ou bilan GES constitue bien plus qu'un audit ; c'est un diagnostic complet des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de la dépendance aux énergies fossiles de l'entreprise sur l'ensemble de sa chaîne de valeur. Exprimé en tonnes d'équivalent CO₂ (tCO₂e), ce calcul devient un véritable outil de pilotage stratégique pour votre organisation.

Attention à la confusion. Le "Bilan Carbone®" désigne la méthode officielle et structurée de l'ADEME, une marque déposée reconnue. Le terme générique, lui, renvoie simplement à l'exercice global de comptabilité carbone, sans méthodologie imposée.

Cependant, mesurer ne suffit pas. L'objectif réel consiste à cibler les postes d'émissions majeurs pour bâtir un plan d'action solide et réduire concrètement votre impact.

BEGES : l'obligation légale décryptée

Le BEGES (Bilan d'Émissions de Gaz à Effet de Serre) représente la traduction réglementaire de cette démarche. Pour certaines structures françaises, ce n'est pas une option, mais une obligation stricte.
L'article L 229-25 du code de l’environnement fixe ce cadre légal impératif pour certaines structures à savoir :

  • Les entreprises de plus de 500 salariés en France métropolitaine.
  • Les entreprises de plus de 250 salariés dans les départements et régions d'outre-mer.
  • Les collectivités territoriales de plus de 50 000 habitants.
  • Les établissements publics de plus de 250 agents.

Ignorer cette contrainte peut donc exposer votre société à des sanctions financières. Ce document exige une mise à jour régulière : tous les quatre ans pour les entreprises privées, et trois ans pour l'État ou les collectivités publiques. Il doit couvrir obligatoirement les émissions directes et indirectes liées à l'énergie, appelées respectivement Scopes 1 et 2 dans les méthodologies internationales

Bien entendu, si l’entreprise souhaite que son bilan carbone devienne un véritable outil de pilotage stratégique, il est recommandé de le mettre à jour plus régulièrement, idéalement chaque année, et d’y intégrer l’ensemble des autres émissions indirectes, correspondant au Scope 3 dans les méthodologies internationales.

CSRD et le Paquet "Omnibus I" : un périmètre drastiquement réduit fin 2025

Le 16 décembre 2025, le Parlement européen a définitivement adopté la directive Omnibus. Cette mise à jour modifie en profondeur les exigences de la CSRD pour alléger la charge administrative des entreprises [1]:

  • Relèvement des seuils d'effectifs : l'obligation de reporting ne concerne désormais que les entreprises de plus de 1 000 salariés (contre 250 auparavant).
  • Seuil de chiffre d'affaires : le critère de chiffre d'affaires net annuel a été relevé et fixé à 450 millions d'euros.
  • Exclusion des PME cotées : les petites et moyennes entreprises cotées ainsi que les holdings financières pures sont désormais totalement exclues du périmètre obligatoire de la CSRD.
  • Réduction du nombre d'entreprises : on estime que ces changements réduisent d'environ 90 % le nombre d'entreprises initialement visées par la directive.

Pour celles qui sont impactées, un simple BEGES ne suffira plus. La CSRD impose un reporting vérifié par un tiers, intégrant une analyse de double matérialité pour évaluer les impacts financiers et environnementaux croisés.

Les sanctions en 2026 : ce que vous risquez vraiment

Ne sous-estimez pas le coût de l'inaction. Le défaut de publication du BEGES est désormais passible d'une amende pouvant atteindre 50 000 € et 100 000€ [2] en cas de récidive. Pourtant, le véritable danger réside ailleurs : le risque réputationnel. La pression croissante des parties prenantes, qu'il s'agisse de clients ou d'investisseurs, s'avère souvent bien plus coûteuse qu'une simple sanction administrative.

Sous la CSRD, les sanctions pour non-conformité du reporting de durabilité deviendront nettement plus sévères, complexes et dissuasives pour les dirigeants.

Pourquoi anticiper : du choix stratégique à l'avantage compétitif

En sortant de l’exigence réglementaire de la CSRD, les PME et ETI reprennent la main sur leur agenda climatique. Réaliser votre bilan carbone en 2026, même s’il s’agit d’un exercice exigeant, n’est plus seulement une contrainte : c’est un premier signal fort envoyé à vos clients et financeurs, montrant que votre entreprise commence à mesurer ses impacts afin de construire une stratégie climatique adaptée. En devançant les attentes de vos donneurs d'ordres sans y être contraint, vous sécurisez votre place de partenaire privilégié dans une chaîne de valeur en pleine mutation.

Puisque la simplification de la CSRD fin 2025 exempte désormais les entreprises de moins de 1 000 salariés, la mesure du carbone n'est plus une contrainte subie, mais un choix de gestionnaire avisé. En reprenant la main sur votre agenda climatique, vous transformez une ancienne obligation réglementaire en un puissant levier d'agilité économique.

Voici pourquoi le bilan carbone est votre meilleur atout en 2026 :

  • Un sésame pour vos partenaires commerciaux : en devançant les attentes de vos donneurs d’ordres sans y être contraint, vous envoyez un signal fort à vos clients et financeurs. Vous sécurisez votre place de partenaire privilégié au sein de chaînes de valeur qui, elles, n'ont pas renoncé à la décarbonation.
  • Une arme d'efficience opérationnelle : Le bilan carbone permet de mieux comprendre vos impacts, et peut parfois révéler des inefficacités internes, notamment sur le sujet énergétique. Cartographier vos émissions, c’est avant tout disposer d’une base concrète pour orienter vos actions.
  • Un aimant à talents et à clients : une gestion fine de votre bilan carbone renforce votre image de marque. Vous devenez immédiatement plus attractif pour les talents exigeants, les clients engagés et vos partenaires commerciaux stratégiques.
  • Une assurance pour l'avenir : finalement, c'est une question de pérennité. Anticiper permet de gérer les risques futurs et d'assurer la pérennité de votre modèle économique dans un monde bas-carbone inévitable.

En 2026, l'avantage concurrentiel appartient à ceux qui décarbonent par conviction stratégique plutôt que par injonction légale.

Scopes 1, 2 et 3, de quoi parle t-on : cartographier vos émissions de A à Z

Dans les standards internationaux comme le GHG Protocol, les émissions de GES sont réparties selon trois périmètres, ou scopes :

  • Scope 1 : émissions directes de sources contrôlées par l’entreprise.
  • Scope 2 : émissions indirectes liées à l’énergie achetée.
  • Scope 3 : toutes les autres émissions indirectes de la chaîne de valeur.

Le terme de “scope” a largement été repris dans le jargon des bilans carbone. Bien que cela puisse sembler abstrait au premier abord, il s’agit en réalité d’une grille de lecture simple et logique pour s’assurer de ne rien oublier.

En France, le BEGES et la méthode Bilan Carbone® utilisent un découpage similaire, mais répartissent les émissions en 6 grandes catégories

  • Catégorie 1 : les émissions directes (sources de combustion, biomasse etc.) ;
  • Catégorie 2 : les émissions indirectes associées à l’énergie (consommation d’électricité, de chaleur, de vapeur ou de froid) ;
  • Catégorie 3 : les émissions indirectes associées au transport (marchandises, trajets domicile-travail…) ;
  • Catégorie 4 : les émissions indirectes associées aux produits achetés (achats de biens et services, immobilisations, gestion des déchets…) ;
  • Catégorie 5 : les émissions indirectes associées aux produits vendus (utilisation, fin de vie…) ;
  • Catégorie 6 : les autres émissions indirectes.

Scope 1 : les émissions directes, sous votre contrôle

Le Scope 1 désigne vos émissions directes, sans ambiguïté. Ce sont les gaz à effet de serre rejetés par des sources fixes ou mobiles que votre entreprise possède ou contrôle physiquement et directement.
Pensez concrètement à la combustion de gaz dans les chaudières. Ajoutez le carburant brûlé par les véhicules de la flotte de l'entreprise. N'oubliez pas les fuites souvent invisibles de fluides frigorigènes de vos systèmes de climatisation.

C'est la partie la plus simple à identifier et pour laquelle l'entreprise a le plus de leviers d'action directs.

Scope 2 : l'énergie que vous achetez

Le Scope 2 regroupe les émissions indirectes liées à votre consommation d'énergie. Il s'agit spécifiquement de l'électricité, de la chaleur, de la vapeur ou du froid que vous achetez à un tiers.
Même si ces émissions ne se produisent pas sur votre site, vous en êtes responsable par vos achats. Elles concernent, par exemple, l’électricité utilisée par vos bureaux, vos usines ou vos serveurs informatiques. 
Ces émissions sont relativement faciles à mesurer et représentent également des émissions sur lesquelles l’entreprise peut agir facilement, par exemple en choisissant un fournisseur d’électricité renouvelable.

Scope 3 : le géant caché de votre chaîne de valeur

Le Scope 3 est souvent le plus complexe à appréhender, mais c'est le plus important. Il couvre l'intégralité des autres émissions indirectes qui surviennent dans la chaîne de valeur de l'entreprise, aussi bien en amont qu'en aval.

Pour la majorité des structures, ce poste pèse plus de 70% de leur empreinte carbone totale. Ignorer ce volume massif revient à passer complètement à côté de l'essentiel de votre impact.

Son calcul est désormais obligatoire pour le BEGES réglementaire depuis 2023, ce qui change radicalement la donne pour les entreprises qui se contentaient auparavant des Scopes 1 et 2.

Les catégories clés du scope 3 à ne pas manquer

Pour structurer l'analyse et éviter les oublis, le Scope 3 est divisé méthodiquement en 15 catégories distinctes parmi lesquelles les plus matérielles sont souvent :

  • Achats de produits et services : Les émissions liées à la production des matières premières et des services que vous achetez.
  • Transport et distribution (amont et aval) : Les émissions liées au fret nécessaire pour recevoir vos matières et livrer vos produits finis.
  • Déplacements professionnels : Les émissions liées aux voyages d'affaires en avion, train ou voiture de vos collaborateurs.
  • Trajets domicile-travail : Les émissions liées aux déplacements quotidiens de vos salariés.
  • Utilisation des produits vendus : Les émissions générées par vos clients lorsqu'ils utilisent vos produits.
  • Fin de vie des produits vendus : Les émissions liées au traitement en fin de vie des produits vendus et leurs emballages
  • Déchets générés par l’entreprise : Les émissions liées au traitement des déchets produits par votre activité.

La collecte de ces données représente le plus grand défi technique du bilan carbone. Cela exige une collaboration étroite avec les fournisseurs et les clients. Il s’agit d’un exercice exigeant qui oblige à bien connaître sa chaîne de valeur et à dialoguer avec ses partenaires pour obtenir des données précises. 

Pourquoi le scope 3 est votre plus grand levier ? 

Si le Scope 3 est difficile à mesurer, c'est pourtant là que se trouve le plus grand potentiel de réduction des émissions, d'impact et d'innovation. C'est en agissant sur les achats ou la conception des produits qu'on change vraiment la donne.

Un exemple concret : choisir des fournisseurs locaux ou des matériaux recyclés peut drastiquement réduire les émissions liées aux achats et au transport.

 Maîtriser son Scope 3 permet de dépasser la simple conformité et de répondre aux attentes croissantes de vos parties prenantes, tout en posant les bases d’une stratégie climatique crédible.

Réaliser son bilan carbone en 2026 : le processus étape par étape

Comprendre la théorie des scopes est une chose, mais passer à la pratique en est une autre. Un bilan carbone ne s'improvise pas ; c'est un projet qui doit mobiliser toutes les directions de l'entreprise.

Étape 1 : cadrage et définition du périmètre du bilan carbone

Tout commence ici, et c’est souvent à ce stade que des erreurs se glissent. Vous devez définir avec une rigueur absolue vos périmètres organisationnel et opérationnel afin de savoir exactement quoi compter. Il s’agit de s’assurer que toutes les activités et tous les flux pertinents, y compris l’ensemble des filiales et des sites de production, sont bien pris en compte. C'est aussi le moment de figer votre année de référence.

Ne laissez pas ce dossier orphelin. La nomination d'un chef de projet compétent ou d'une équipe dédiée est non négociable. Ce n'est pas une simple formalité technique, mais un véritable chantier de transformation pour votre structure.

Impliquez votre direction dès le premier jour. Sans leur validation budgétaire et leur soutien stratégique, vous n'aurez ni les ressources ni la légitimité pour avancer.

Étape 2 : la collecte des données, le nerf de la guerre

Soyons clairs, c'est la phase la plus fastidieuse et la plus chronophage du processus. Vous allez devoir traquer des données d'activité précises pour chaque poste d'émission identifié dans votre périmètre. Cela signifie récupérer les factures de gaz, comptabiliser les litres de carburant, peser les matières premières ou tracer les kilomètres parcourus.

Privilégiez systématiquement les flux physiques aux simples montants en euros. Savoir que vous avez dépensé 10 000 € est vague ; connaître le nombre exact de kWh consommés offre une précision indispensable.

Le véritable défi réside dans le Scope 3, souvent opaque. Vous devrez probablement solliciter vos fournisseurs, utiliser des ratios sectoriels ou vous appuyer sur des analyses de cycle de vie pour combler les trous.

Étape 3 : calcul et analyse des résultats

Une fois la donnée brute sécurisée, la calculatrice entre en scène. La mécanique est simple : chaque donnée d'activité est multipliée par un facteur d'émission spécifique pour obtenir l'impact réel. Le résultat final s'exprime en tonnes d'équivalent CO₂ (tCO₂e), l'unité standard du marché.

Ces coefficients ne sortent pas de nulle part. Ils proviennent de référentiels officiels et vérifiés, principalement la Base Empreinte® de l'ADEME en France, qui garantit la fiabilité de vos calculs.

L'analyse permet ensuite de faire parler les chiffres. Quel scope et quelles catégories pèsent le plus lourd ? Dans la plupart des cas, il s’agira du Scope 3. Identifiez ensuite les postes d’émissions les plus importants afin de savoir où concentrer vos efforts.

Étape 4 : établir un plan de réduction concret

Un diagnostic n’a d’impact que s’il est suivi d’actions concrètes. Construisez un plan de réduction réaliste et priorisé pour diminuer efficacement votre bilan carbone.Définissez des mesures claires, attribuez chaque tâche à un responsable et fixez un calendrier précis pour éviter l'inertie.

Il est impératif de fixer des objectifs chiffrés ambitieux mais réalistes. Viser une réduction de 20 % sur le Scope 1 d'ici trois ans, par exemple, donne un cap clair à vos équipes.

Rappelez-vous que ce plan est une obligation légale dans le cadre du BEGES réglementaire. Il sera rendu public avec votre bilan carbone, engageant directement la réputation de votre entreprise.

Étapes 5 et 6 : mise en œuvre et publication

Place à l'action concrète sur le terrain. Surveillez de près la mise en place des mesures décidées, mesurez leur efficacité réelle et n'hésitez pas à corriger le tir si les résultats tardent.

Pour finir, officialisez votre démarche. Le dépôt de votre bilan et du plan de transition sur la plateforme de l'ADEME est l'étape qui valide votre conformité réglementaire. C'est le seul moyen d'éviter les sanctions financières prévues par la loi.

Ne gardez pas ces résultats pour vous. Communiquez-les en interne et en externe pour valoriser votre engagement et motiver vos collaborateurs.

Méthodes et référentiels du bilan carbone : lequel choisir pour être conforme ?

Le processus est clair, mais sur quelle base technique s'appuyer ? Il existe plusieurs "langues" pour parler carbone. Comprendre leurs différences et leurs complémentarités est essentiel pour faire le bon choix.

La méthode Bilan Carbone® : le standard français

Développée par l'ADEME, la méthode Bilan Carbone® incarne l'approche technique de référence en France. Au-delà de la simple comptabilité des émissions de gaz à effet de serre, elle engage l’entreprise dans une démarche structurante en l’amenant à définir une trajectoire de réduction de ses émissions et à construire un plan d’action opérationnel associé.

Elle est spécifiquement adaptée aux particularités de notre tissu économique national. Son immense avantage réside dans sa compatibilité native avec l'obligation réglementaire du BEGES. En suivant scrupuleusement cette méthode, vous garantissez votre conformité légale sans détour. Vous évitez ainsi les mauvaises surprises administratives.

Elle s'appuie sur la Base Empreinte®, une bibliothèque de données riche et constamment mise à jour pour fiabiliser vos calculs.

Le GHG Protocol : la référence internationale

Le GHG Protocol (Greenhouse Gas Protocol) s'impose comme le standard le plus utilisé à l'échelle internationale. C'est la langue universelle du reporting carbone adoptée par les multinationales. Maîtriser ce référentiel permet de communiquer efficacement avec vos partenaires et investisseurs internationaux. Il fait autorité partout.

 Le GHG Protocol a défini la distinction fondamentale entre Scope 1, 2 et 3, établissant ainsi un cadre reconnu à l’échelle internationale. Cette structure sert de référence pour de nombreuses normes internationales, bien que certaines méthodologies, comme la méthode française, adoptent une classification différente en 6 catégories. C’est la matrice originelle de la comptabilité carbone.

Choisir le GHG Protocol est pertinent pour les entreprises ayant une forte présence internationale  ou des investisseurs et partenaires exigeants, y compris en France. Il peut également répondre à des exigences réglementaires et normatives, par exemple la CSRD qui recommande explicitement ce référentiel, ou la soumission SBTi, dont la baseline doit être calculée selon le GHG Protocol.

Comment tout ça s'articule ? le tableau récapitulatif

Pour y voir clair rapidement, rien ne vaut un comparatif direct et sans filtre de ces trois approches techniques.

Critère Méthode Bilan Carbone® GHG Protocol
Origine ADEME (France). WRI/WBCSD (International).
Objectif principal Diagnostic et plan d'action (orienté PME/ETI françaises). Standardisation du reporting mondial.
Compatibilité BEGES Maximale. Conçue pour cela. Haute (le calcul de certaines catégories doit être ajusté).
Compatibilité CSRD Bonne, mais la répartition des Scopes et le calcul de certaines catégories doivent être ajustés. Maximale.
Idéal pour... Toute entreprise soumise au BEGES voulant une approche guidée. Groupes internationaux et entreprises visant les marchés financiers, soumises à la CSRD ou souhaitant s’engager dans une démarche SBTi.

 

Les conseils de ClimateSeed : ne pas opposer, mais combiner

Il ne s’agit pas de choisir un référentiel au détriment de l’autre. Les méthodologies françaises et internationales sont largement compatibles et peuvent être utilisées conjointement. Pour une entreprise française, il est recommandé de collecter toutes les données nécessaires afin de pouvoir calculer le bilan selon les deux approches. Cela permet à la fois de garantir la conformité réglementaire, de s’aligner sur les pratiques internationales et de se préparer à une éventuelle soumission SBTi.

La meilleure approche pour une entreprise française en 2026 est souvent d'utiliser la méthode Bilan Carbone® pour sa robustesse technique. C'est le moteur le plus fiable pour collecter vos données.

Il faut simplement s'assurer que le reporting final est structuré selon les principes du GHG Protocol pour satisfaire l'international et la CSRD.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à lire notre article dédié Comptabilisation des GES : comment choisir la bonne méthodologie pour calculer l'empreinte carbone de votre entreprise ?”.

Qui peut réaliser le bilan carbone d'une entreprise  ? les solutions sur le marché

La méthode est choisie, le processus est connu. Reste une question très pragmatique : qui va faire le travail ? Et combien ça coûte ?

La voie interne : former un référent carbone

Opter pour la réalisation en interne est une démarche audacieuse qui exige de désigner une ressource spécifique. Cela implique de dédier une ou plusieurs personnes de votre équipe et de les former rigoureusement aux méthodologies de calcul. Ce collaborateur devient alors le référent carbone officiel de votre structure.

Cette approche présente un avantage stratégique indéniable : la montée en compétence interne. L'expertise technique et la compréhension fine des enjeux climatiques restent ancrées dans l'entreprise, ce qui s'avère précieux pour le suivi annuel

Le risque existe pourtant : un manque d'objectivité sur ses propres émissions, des risques d’erreurs ainsi qu’une sous-estimation flagrante de la charge de travail, particulièrement lors du tout premier exercice.

Les logiciels SaaS : l'automatisation au service du bilan

Nous assistons aujourd’hui à une véritable explosion des logiciels et plateformes en ligne (SaaS) dédiés à la comptabilité carbone. Ces outils permettent de centraliser les données de l’entreprise et de sa chaîne de valeur, et d’automatiser une partie de la collecte et du calcul des émissions, transformant ainsi le marché.

Cependant, toutes les plateformes ne se valent pas. On distingue principalement deux types :

  • Les plateformes basées sur des données monétaires, soit l'utilisation de données comptables (compte bancaire ou FEC par exemple) pour estimer les émissions carbone. Ce sont les solutions les moins chères, mais leur précision est très faible, avec souvent 80 % d’incertitude.

  • Les plateformes basées sur des données physiques, c'est-à-dire  données « réelles », comme la consommation d’énergie en kWh, les tonnes de produits achetés ou les kilomètres parcourus. Plus coûteuses, ces solutions sont nettement plus fiables et précises, ce qui est indispensable pour élaborer un plan de transition crédible.  La plateforme GEMS de ClimateSeed privilégie cette approche tout en pouvant s’adapter à l’utilisation de données monétaires lorsque cela est nécessaire.

La limite technique de ces plateformes demeure néanmoins : les entreprises sont la plupart du temps livrées à elles-mêmes ce qui entraîne une perte de temps, une certaine confusion et, au final, des données parfois peu fiables. Sur ces plateformes, les utilisateurs sont souvent accompagnés par un Customer Success Manager (et non par un véritable expert carbone) ce qui limite fortement la qualité de l’assistance. De plus, pour collecter et analyser finement les données, notamment celle du Scope 3, un accompagnement humain expert reste souvent nécessaire pour vérifier la fiabilité des données,affiner et interpréter correctement les résultats. 

C’est pourquoi, chez ClimateSeed, nous combinons l’expertise de consultants issus de grands cabinets de conseil avec la puissance de notre plateforme GEMS, cliquez-ici pour en savoir plus.

Cette approche nous permet d’accompagner nos clients non seulement dans la réalisation précise de leur bilan carbone, mais aussi dans la définition et la mise en œuvre d’un plan de transition stratégique, fiable et adapté à leurs enjeux.

Le cabinet de conseil : l'expertise clé en main

Faire appel à un cabinet de conseil spécialisé ou à des consultants experts en décarbonation reste la solution la plus sécurisante pour les dirigeants. C'est une option classique qui garantit un accompagnement global, depuis le cadrage initial jusqu'à la définition précise du plan d'action de réduction.
Il convient toutefois de distinguer les grands cabinets de conseil, généralement mobilisés par des groupes de grande taille ou des organisations très complexes. Ces acteurs interviennent sur des trajectoires de transition ambitieuses, impliquant des dispositifs lourds, des exigences réglementaires étendues et des budgets conséquents.

Pour les PME et ETI, des cabinets spécialisés proposant un accompagnement plus opérationnel et proportionné aux enjeux sont souvent plus pertinents. Les bénéfices sont clairs : accès à une expertise externe pointue, regard indépendant sur les processus et garantie de conformité méthodologique, sans la lourdeur des dispositifs conçus pour les grands groupes.

Aujourd’hui, ces cabinets s’appuient majoritairement sur une plateforme dédiée, combinant outil digital et accompagnement expert. Ce modèle hybride permet de structurer, automatiser et piloter la démarche tout en sécurisant l’interprétation des données. C’est précisément l’approche retenue par ClimateSeed, afin d’offrir aux PME et ETI une solution fiable, efficace et adaptée à leur niveau de maturité.

Les bénéfices sont clairs : vous profitez immédiatement d'une expertise externe pointue, d'un regard neuf sur vos processus et d'une garantie absolue de conformité méthodologique face aux normes.

Aujourd’hui, la plupart des cabinets combinent cette expertise avec une plateforme dédiée, permettant aux entreprises de structurer, automatiser et piloter leur démarche en parallèle avec l’accompagnement du consultant. Ce modèle hybride offre le meilleur des deux mondes : fiabilité, gain de temps et autonomie progressive, tout en assurant une interprétation précise et sécurisée des données. C’est précisément le modèle retenu par ClimateSeed, afin d’offrir à ses clients fiabilité, gain de temps et autonomie progressive.

Interne, consultant, logiciel SaaS : comment choisir ?

Soyons clairs : il n’existe pas de solution miracle universelle. Le choix dépendra de la taille et de la complexité de votre entreprise, de votre budget et de votre maturité sur les sujets climatiques.

  • Solution interne : peut convenir pour certaines structures disposant déjà de compétences internes, mais nécessite généralement un accompagnement et une plateforme pour garantir la fiabilité du bilan.

  • Plateforme SaaS seule : un bon compromis pour les PME/ETI qui souhaitent un outil opérationnel pour structurer et piloter leur démarche. Cependant, sans accompagnement expert, la fiabilité et l’interprétation des données peuvent rapidement devenir un frein, surtout pour le Scope 3 ainsi qu’une perte de temps.

  • Grands cabinets de conseil : ce type d’accompagnement s’adresse principalement aux grandes entreprises ou groupes internationaux, aux structures très complexes et aux projets de transformation ambitieux. Les prestations sont généralement plus coûteuses, en raison de volumes importants de jours-homme et de taux journaliers élevés. Ce modèle est rarement adapté aux PME et ETI.

  • Cabinet de conseil avec plateforme : aujourd’hui, les modèles hybrides s’imposent progressivement car ils répondent bien aux besoins réels des entreprises, qu’il s’agisse de PME/ETI ou de grands groupes. En effet, l’alliance expertise conseil + plateforme (ou modèle hybride) permet de gérer la complexité du bilan, de sécuriser les calculs et d’interpréter les résultats, tout en automatisant la collecte et le traitement des données. Cette approche répond particulièrement bien aux besoins réels des entreprises qui veulent gagner du temps et fiabiliser leur démarche.

C’est précisément l’approche défendue par ClimateSeed.

Notre modèle réunit :

  • une équipe d’experts carbone, issus de grands cabinets de conseil et capables d’accompagner chaque étape de la mesure et de la réduction des émissions,

  • une plateforme SaaS (GEMS) qui facilite la collecte, centralise les données et fiabilise le calcul. Cette dernière est certifiée conforme Bilan Carbone® par l’ABC. 

Ce double accompagnement garantit un bilan carbone plus fiable, plus rapide et beaucoup moins complexe à réaliser. C’est souvent le meilleur des deux mondes : l’efficacité de l’automatisation et la rigueur de l’expertise humaine.

Le coût réel d'un bilan carbone (et les aides disponibles)

Parlons budget sans tabou pour éviter les surprises.

Le coût d'un bilan carbone est extrêmement variable et dépend principalement de la taille de l'entreprise, de la complexité de ses activités (notamment l'étendue de sa chaîne de valeur) et du service choisi (logiciel SaaS basé sur des données monétaires, logiciel SaaS basé sur des données physiques, accompagnement par un cabinet de conseil, modèle hybride, etc.). À noter qu’un bilan carbone fiable et exploitable ne peut pas être réalisé à bas coût.

Ordres de grandeur observés par ClimateSeed : 

  • PME : 13 000 à 15 000 € pour un premier bilan carbone complet (incluant les émissions indirectes), correspondant généralement à environ 10 jours-homme d’expertise.
  • ETI / grandes entreprises : 20 000 à 50 000 €, selon le périmètre et la profondeur d’analyse.
  • Grands groupes internationaux : les coûts peuvent dépasser 100 000 € lorsque plusieurs filiales, pays et scénarios de décarbonation sont intégrés.

Accompagnement expert ou logiciel : quelle est la meilleure option pour PME et ETI ?

  • Outils SaaS basés sur des données monétaires (2 000 à 4 000 €) : offrent une première estimation, mais avec une forte incertitude et une valeur opérationnelle limitée. La plupart des entreprises se tournent rapidement vers des solutions plus précises.

  • Outils SaaS basés sur des données physiques, seules recommandées par l’ADEME, permettent une mesure précise et la construction de leviers concrets de réduction. C’est typiquement le cas de la plateforme GEMS de ClimateSeed.

  • Freelances ou consultants indépendants : ils peuvent accompagner ponctuellement les entreprises souhaitant un appui spécifique ou un diagnostic limité. Cette approche est flexible et relativement économique, mais elle ne permet pas toujours d’obtenir une vision complète et structurée, ni de garantir la conformité réglementaire pour les projets complexes.

  • Grands cabinets de conseil : ce type d’accompagnement est principalement destiné à des organisations de grande taille ou internationales, aux structures complexes, engagées dans des démarches de transformation climatique ambitieuses et disposant de budgets conséquents. Les prestations reposent sur de nombreux jours-homme et des taux journaliers élevés, ce qui en fait une solution adaptée aux grands groupes mais peu pertinente pour la majorité des PME et ETI.
  • Cabinet de conseil avec plateforme (modèle hybride) : aujourd’hui, c’est le modèle de référence les PME et ETI. Il combine l’expertise d’un consultant spécialisé avec une plateforme dédiée, offrant fiabilité, conformité réglementaire et autonomie progressive. Ce modèle permet de sécuriser les calculs, d’interpréter les données et de piloter la démarche de manière opérationnelle. Pour une PME, le budget d’entrée se situe généralement autour de 13 000 à 15 000 €, ce qui en fait un compromis optimal entre coût et efficacité. C’est typiquement le type d’offre proposé par ClimateSeed. N’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus.

Heureusement, une excellente nouvelle vient alléger la facture : des dispositifs de soutien existent. Il faut absolument mentionner le "Diag Décarbon’Action", un programme co-financé par Bpifrance et l'ADEME destiné spécifiquement aux entreprises de moins de 500 salariés. Chez ClimateSeed, nous pouvons vous accompagner dans le cadre du  "Diag Décarbon’Action" et nos experts sont référencés par BPI France.

Cette aide précieuse permet de bénéficier d'un accompagnement complet pour un reste à charge très réduit. Renseignez-vous sur le Diag Décarbon'Action avant de signer un devis.

Après le bilan carbone : transformer l'essai en stratégie gagnante

Le rapport est sur la table, les chiffres sont connus. Beaucoup d'entreprises s'arrêtent là. C’est une première étape, mais il reste essentiel d’aller au-delà pour transformer ces données en actions.

Et après ? le plan de transition : plus qu'une simple liste d'actions

Le plan d'action exigé par la réglementation française dans le cadre de la publication du BEGES : il oblige les entreprises assujetties à mesurer leurs émissions de gaz à effet de serre et à définir des actions concrètes pour les réduire. Ce plan est obligatoire et permet de structurer des actions opérationnelles ; il peut être utile et transformant selon la manière dont il est mis en œuvre, mais il ne garantit pas nécessairement un alignement complet avec la stratégie globale de l’entreprise. Un véritable plan de transition quant à lui, exige bien davantage. Il aligne strictement la stratégie bas-carbone avec la stratégie globale de l'entreprise, assurant une cohérence parfaite entre vision économique et urgence climatique.

Il ne s'agit pas juste de changer les ampoules ou de régler le chauffage. Il faut questionner le modèle d'affaires actuel, l'offre de produits et la structure de la chaîne logistique.

Ce plan doit être porté au plus haut niveau, directement par le comité de direction, et non relégué au seul département RSE, souvent isolé.

Pour sa part, le GHG Protocol sert avant tout de référentiel pour mesurer les émissions. Il ne prescrit pas la mise en place d’un plan de transition, mais il fournit les données nécessaires pour qu’une entreprise puisse ensuite définir ses actions et ses objectifs de réduction.

SBTi et ACT : aligner vos objectifs avec la science

Penchons-nous sur l'initiative Science Based Targets (SBTi). C'est une démarche volontaire et rigoureuse permettant de définir des objectifs de réduction d'émissions strictement alignés avec les trajectoires de l'Accord de Paris (+1.5°C).

Faire valider ses objectifs par le SBTi donne une crédibilité scientifique immédiate. C'est un gage de sérieux reconnu internationalement par les investisseurs et partenaires. Pour en savoir plus, n'hésitez pas à consulter notre guide dédié.

Mentionnons enfin la méthode ACT (Assessing low-Carbon Transition) de l'ADEME.  Il existe plusieurs démarches ACT : certaines, sectorielles, permettent d’évaluer la robustesse des plans d’action, tandis que la démarche ACT Pas-à-pas se concentre sur la définition et la maturité de la stratégie climat d’une entreprise.

Les clés d'un plan d'action qui fonctionne

Un bon plan d'action n'est pas qu'une liste de vœux pieux. Il doit être concrètement et immédiatement opérationnel.

  1. Prioriser les actions :  commencez par les postes les plus actionnables pour votre entreprise (énergie, déplacements professionnels…), même si le potentiel de réduction est modéré. Cela permet d’insuffler une dynamique et de mobiliser vos équipes avant de lancer des actions plus structurantes.

  2. Définir des KPI : associez chaque action à un indicateur de performance clair (ex :  kWh d’électricité, tonnes de matières premières utilisées ou euros dépensés etc..)Allouer un budget : La décarbonation a un coût. Il faut l'intégrer dans les budgets d'investissement.

  3. Nommer des pilotes : Chaque action doit avoir un responsable clairement identifié.

Insistons sur la communication interne. Il faut embarquer les collaborateurs, les former et les sensibiliser au quotidien. La transition est l'affaire de tous, et l'adhésion de chaque équipe est primordiale pour réussir.

Le vrai bénéfice du bilan carbone : gérer le risque financier et séduire les investisseurs

On a beaucoup parlé de conformité et de plan d'action. Mais si je vous disais que le bilan carbone est en train de devenir un des documents les plus scrutés ?

Le carbone, un nouveau risque financier

Le carbone n’est plus seulement un sujet de communication ou de reporting RSE : il constitue aujourd’hui un risque financier concret pour l’entreprise. Son bilan carbone permet alors d’identifier l’exposition à des menaces susceptibles d’affecter directement la trésorerie, la performance et la valeur à long terme. Les investisseurs et les banques intègrent désormais ces données dans leurs analyses pour évaluer la solidité et la résilience des entreprises face aux enjeux climatiques.

Ces risques se déclinent en deux grandes catégories. D’une part, les risques physiques, comme les inondations, sécheresses ou vagues de chaleur, qui peuvent perturber ou interrompre les opérations. D’autre part, les risques de transition, liés aux évolutions réglementaires, aux attentes du marché etc., qui peuvent impacter durablement la trésorerie et la stratégie de l’entreprise

Le bilan carbone est alors un outil précieux pour quantifier votre exposition aux risques de transition. Cependant, il s’inscrit dans un processus distinct de l’analyse des risques physiques, qui s’appuie sur des scénarios climatiques plutôt que sur les émissions de l’entreprise.

Le risque de transition décortiqué

Ce risque découle directement du basculement forcé vers une économie bas-carbone. Il peut prendre plusieurs formes brutales : un durcissement réglementaire soudain, une rupture technologique, une perte de parts de marché ou une atteinte grave à la réputation.

Prenons un exemple concret qui pourrait faire mal : une hausse significative du prix de la tonne de carbone. Si votre modèle économique reste très émetteur, cette surcharge peut rendre votre activité non viable du jour au lendemain.

Autre cas de figure : vos clients se détournent massivement de vos produits car ils les jugent trop polluants. C'est un risque de marché direct qui impacte immédiatement votre chiffre d'affaires.

Comment le bilan carbone rassure les institutions financières ?

Les banques sont désormais tenues d'évaluer l'alignement de leur portefeuille de prêts avec les objectifs climatiques mondiaux. Tôt ou tard, votre chargé d'affaires vous posera la question fatidique sur vos émissions.

Arriver avec un bilan carbone robuste et un plan de transition crédible devient une condition sine qua non pour accéder à des financements, ou pour obtenir de meilleures conditions de taux.

À l'inverse, ne pas avoir de données carbone précises agit comme un puissant signal d'alarme pour un prêteur.

Attirer les investisseurs grâce à la transparence

Le même raisonnement s'applique avec une rigueur implacable aux investisseurs, notamment les fonds d'investissement. Les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) sont devenus centraux dans leurs décisions d'allocation de capital.

Le "E" de ESG commence invariablement par une mesure fiable du bilan carbone. Un bilan bien réalisé constitue votre porte d'entrée vers ces capitaux.

Une entreprise transparente sur son impact et sa stratégie de réduction est perçue comme mieux gérée et moins risquée par les analystes financiers.

Le bilan carbone, un outil de dialogue stratégique

Il est temps de repositionner cet exercice : ce n'est plus un rapport technique pour spécialistes. C'est un formidable support de dialogue pour engager toutes vos parties prenantes dans la bonne direction.

Il sert à discuter fermement avec vos fournisseurs pour réduire le Scope 3, à valoriser vos efforts auprès des clients et à mobiliser vos salariés autour d'un projet commun.

Et surtout, il prouve à vos partenaires financiers que vous avez intégré le climat dans votre vision à long terme.

Les pièges à éviter et les facteurs clés de succès

Le chemin semble balisé, les bénéfices sont clairs. Pourtant, de nombreux bilans carbone finissent oubliés au fond d'un tiroir numérique. Pourquoi un tel gâchis ? Parce que la réalité opérationnelle est bien plus rude que la théorie. Entre les exigences du GHG Protocol et la pratique quotidienne, il y a souvent un gouffre. Si vous manquez de rigueur maintenant, vous risquez bien plus qu'une simple erreur de calcul : c'est votre crédibilité qui est en jeu. Voici les erreurs classiques à ne pas commettre et les ingrédients qui font la différence.

Piège n°1 : s’éloigner des standards CSRD / ESRS sous prétexte qu’ils ne sont plus « obligatoires » et ne pas produire de bilan carbone

C’est le piège le plus dangereux en 2026 pour les PME et ETI. Même si le relèvement des seuils peut donner l’impression que le bilan carbone n’est plus obligatoire, les entreprises doivent choisir une méthodologie fiable. Se conformer aux exigences CSRD/ESRS revient généralement à utiliser le GHG Protocol, garantissant un bilan précis et aligné sur les standards européens.

Le risque : produire un reporting carbone qui ne répond ni aux attentes de vos parties prenantes comme celles de vos grands clients qui restent eux-mêmes soumis aux exigences CSRD. En effet, un bilan carbone qui ne parle pas le langage de l’écosystème financier sera jugé inexploitable, vous obligeant à recommencer intégralement votre travail pour obtenir un financement ou répondre à un appel d’offres.

Le conseil : même sans obligation réglementaire directe, utilisez le cadre CSRD / ESRS comme une boussole. C’est la garantie de produire des données carbone robustes, comparables et immédiatement reconnues par l’ensemble des parties prenantes.

Piège n°2 : sous-estimer la collecte des données

C'est l'erreur la plus commune. Penser que la récupération des factures et des relevés sera une simple formalité administrative. En réalité, c'est 80 % du travail effectif. Surtout pour le Scope 3, qui implique toute votre chaîne de valeur externe.

Le risque est immédiat : se retrouver avec des données incomplètes ou de mauvaise qualité. Cela rend tout le bilan peu fiable et totalement inutilisable pour définir une stratégie climat sérieuse.

Le conseil : anticiper. Cartographier les sources de données et identifier les personnes à contacter bien en amont du lancement du projet.

Piège n°3 : isoler le projet au département RSE

Un bilan carbone n'est pas un projet RSE isolé, c'est un projet d'entreprise global. Il concerne directement les achats, la logistique, la production, la finance et même les RH. Tout le monde doit se sentir concerné par la démarche.

Si le projet est porté uniquement par l'équipe RSE, il manquera de poids politique. Elle se heurtera à des murs pour la collecte des données et l'application du plan d'action.

Le conseil : créer un comité de pilotage transverse avec des représentants décisionnaires de chaque département clé.

Piège n°4 : viser la perfection plutôt que le progrès

La quête de la donnée physique exacte au gramme près paralyse l'action. Vouloir tout mesurer parfaitement dès la première année est une illusion. Vous passerez des mois à chasser des détails insignifiants au lieu d'agir sur les gros postes d'émissions.

Le risque est l'épuisement des équipes et l'immobilisme. Mieux vaut une donnée extrapolée ou statistique aujourd'hui qu'une donnée réelle dans trois ans. L'objectif est d'enclencher la dynamique de réduction.

Le conseil : acceptez l'imperfection initiale. Utilisez des ratios monétaires ou statistiques là où le réel manque, et améliorez la qualité l'année suivante.

La réalisation du bilan carbone dépasse désormais la simple conformité réglementaire pour s'imposer comme un impératif stratégique. En 2026, l'intégration rigoureuse des enjeux climatiques, catalysée par la CSRD, conditionnera non seulement la résilience financière des organisations, mais également leur pérennité au sein d'une économie en pleine mutation.

Comment ClimateSeed peut vous accompagner dans la réalisation de votre bilan carbone et votre plan de transition ?

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Sources : 

 

Download-Guide-Carbon-Avoidance-FR-_1_