Comparatif des crédits carbone : comment comparer les crédits carbone?

10 min
Publié le 08 septembre 2025  ·  Mis à jour le 07 septembre 2026
Comparatif des crédits carbone : prix et standards
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   Points clés

Choisir des crédits carbone de haute qualité nécessite d’évaluer bien plus que le type de projet ou sa certification. Les organisations doivent notamment prendre en compte l’additionnalité, la mesurabilité, la vérifiabilité, la permanence et la traçabilité des crédits, ainsi que leur impact climatique, leurs risques, leurs coûts et leurs co-bénéfices. Alors que les contributions climatiques complémentent de plus en plus les stratégies de décarbonation des entreprises avec le cadre de responsabilité des émissions continue (Ongoing Emissions Responsibility - OER) du SBTi, une approche portefeuille des projets carbone permet de trouver un équilibre entre impact, risques, budget et priorités stratégiques.


 

Face à l'urgence climatique et aux engagements croissants vers la neutralité carbone planétaire, de plus en plus d’entreprises s'engagent dans des démarches de contribution climatique via le marché carbone volontaire (Voluntary Carbon Market ou VCM en anglais). Dans ce contexte, tous les crédits carbone ne se valent pas, et il devient essentiel de savoir les comparer pour faire des choix pertinents et responsables.

Qu’est ce qu’un crédit carbone ?

Le marché carbone volontaire repose sur des méthodologies spécifiques adaptées à chaque type de projet, elles-mêmes encadrées par des standards de certification. Chaque projet vise à réduire ou séquestrer des émissions de gaz à effet de serre (GES), un crédit carbone correspondant à une tonne de CO₂ (ou équivalent) évitée ou retirée de l’atmosphère. Toutefois, la qualité, l’impact et la fiabilité de ces crédits peuvent fortement varier. Il est donc essentiel de savoir les différencier.

Voici quelques éléments pour mieux comprendre les types de crédits carbone disponibles.

Crédits d'évitement et crédits de séquestration : deux actions climatiques complémentaires

De manière générale, les crédits carbone peuvent représenter soit l’évitement d’émissions, soit leur séquestration. Les crédits d'évitement d’émissions sont générés par des projets qui préviennent ou réduisent des émissions de gaz à effet de serre qui auraient eu lieu autrement, tels que le captage du méthane ou l’utilisation de foyers améliorés, alors que les crédits de séquestration d’émissions sont générés par des projets qui absorbent le carbone de l’atmosphère et le séquestrent à travers la conservation des forêts par exemple.

Ces deux approches traitent le changement climatique de manières différentes et ne doivent pas être considérées comme interchangeables. Leur impact climatique dépend de facteurs tels que l'additionnalité, la quantification, la permanence et le risque de réémission. Une stratégie crédible de contribution climatique peut donc prendre en compte à la fois les projets carbone d’évitement et de séquestration, tout en privilégiant de plus en plus les éliminations durables, en contribuant à des projets hybrides et technologiques tels que la capture directe de l’air (DAC), à mesure que les entreprises se rapprochent de leurs objectifs de neutralité carbone.

  • Crédits d’évitement :

    Ils visent à éviter l’émission d’une tonne de CO₂ qui aurait eu lieu sans le projet. Cela inclut par exemple la protection et conservation de forêts menacées, la distribution de foyers de cuisson améliorés ou encore la promotion des énergies renouvelables dans les pays en développement.

  • Crédits de séquestration

    Ils permettent de retirer du CO₂ déjà présent dans l’atmosphère, grâce à des solutions fondées sur la nature (reboisement, agroforesterie) ou des technologies plus avancées (capture directe du carbone).

Typologies de projets carbone : projets fondés sur la nature, communautaires ou technologiques 

Au-delà de l’impact climatique, les crédits se différencient selon la typologie de projet qui les génère :

  • Solutions fondées sur la nature (Nature-based solutions - NbS en anglais) 

    Ils regroupent les projets de préservation et conservation de forêts (REDD+), de gestion forestière améliorée, de boisement/reboisement et revégétation, de conservation de mangroves, d’herbiers marins et marais ou ou bien encore d’agroforesterie et d’agriculture régénératrice. Ils utilisent la nature et les puits de carbone comme solution aux enjeux climatiques actuels, en combinant action humaine modérée et bénéfices offerts par la nature. Ils combinent atténuation du changement climatique, préservation de la biodiversité, gestion de l’eau, et bénéfices pour les communautés locales.

  • Projets communautaires

    Ils regroupent les projets dont le but est d’impacter positivement les communautés ou les ménages d’une certaine zone géographique en pourvoyant des solutions à co-bénéfices sociaux et environnementaux forts, allant au-delà du simple impact carbone. Ils visent un double impact social et environnemental, avec une forte dimension locale. Nous pouvons notamment penser à la distribution de foyers de cuisson améliorés, de solutions d’accès à l’eau potable, d’électrification rurale ou d’efficacité énergétique et de changement de combustibles.

  • Projets hybrides et technologiques :

    Le champ de ces projets est assez large, regroupant des technologies de pointe et des approches circulaires. Il permet de résoudre des thématiques comme la mise en place de pratiques circulaires, la gestion des déchets, le déploiement d’énergies renouvelables, la méthanisation, la génération de biochar ou la capture directe dans l’air du carbone et son stockage dans les formations géologiques. Ces projets sont souvent plus coûteux et complexes, mais apportent des solutions à grande échelle. Ils peuvent toutefois rencontrer des défis d’industrialisation et de déploiement.

Chaque type de projet présente des caractéristiques spécifiques en termes de coûts, de permanence, de risques et de co-bénéfices. L’essentiel, étant d’avoir une approche de contribution climatique cohérente et d’essayer de construire un portefeuille de crédits carbone dont l’impact est varié grâce à une combinaison de différentes typologies de projets. Le plus important restant de s’assurer de la qualité des crédits sélectionnés.

Comment s'assurer de la qualité d’un crédit carbone ?

Un crédit de qualité est un crédit dont la tonne de CO₂ est réellement évitée ou séquestrée, et qui répond à des critères précis :


  • Mesurabilité : les réductions d’émissions doivent être calculées selon des méthodologies robustes et des estimations conservatrices.

  • Vérifiabilité : l’impact associé au crédit doit être réel et les résultats doivent être validés par un auditeur tiers indépendant.

  • Permanence : les bénéfices et impacts climatiques doivent durer dans le temps le carbone évité ou stocké ne doit pas être réémis à court ou moyen terme.

  • Additionnalité : l’impact positif associé au projet n’aurait pas vu le jour sans les mécanismes de financement carbone.

  • Traçabilité : chaque crédit est enregistré avec un numéro de série unique dans un registre public.

Certains crédits vont au-delà de ces exigences minimales et intègrent des co-bénéfices : impacts positifs sur la biodiversité, la santé, les revenus locaux, etc. Ils répondent souvent à plusieurs Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies.

Les crédits les plus qualitatifs peuvent être labellisés Core Carbon Principles (CCP), un label émis par l’Integrity Council for the Voluntary Carbon Market (ICVCM), garantissant leur conformité aux plus hauts standards internationaux.

Les standards jouent donc un rôle crucial dans la distinction des différents crédits. 

Quelles normes et quels labels utiliser pour acheter des crédits carbone fiables ?

Les standards carbone définissent les règles et méthodologies utilisées pour développer, suivre, vérifier et émettre des crédits carbone. Toutefois, tous les standards ne sont pas adaptés à tous les types de projets. Les acheteurs doivent prendre en compte la méthodologie spécifique, les caractéristiques du projet, les garanties environnementales et sociales ainsi que les exigences de qualité, en complément du standard lui-même.

Parmi les principaux programmes figurent Gold Standard, le Verified Carbon Standard (VCS) de Verra, ACR, Climate Action Reserve (CAR), Plan Vivo, Isometric et Rainbow. Leur couverture de projets et leurs méthodologies diffèrent considérablement ; le standard pertinent doit donc être évalué en fonction du projet considéré.

Gold Standard :

Créé en 2003 par le WWF met l'accent sur les projets à fort impact social et environnemental. Les projets concernent principalement les projets fondés sur la nature, (préservation, boisement, reboisement), ou communautaires (foyers de cuisson améliorés, accès à l’eau potable…), efficacité énergétique ou d’énergies renouvelables. Ce standard se distingue par une exigence forte en termes de co-bénéfices. Il propose des crédits parfois plus chers que d'autres standards, mais assure une traçabilité et une transparence exemplaires. 

Verified Carbon Standard (VCS) :

Le VCS est géré par l'organisation Verra. C'est l'un des standards les plus utilisés au monde, avec un large éventail de projets couvrant quasiment toutes les typologies. Les coûts varient fortement selon le type de projet. VCS a essuyé quelques controverses sur certaines méthodologies, mais reste une référence. Pour enrichir les projets, Verra a proposé le SD VISta (Sustainable Development Verified Impact Standard) pour certifier en complément du VCS les co-bénéfices sociaux et environnementaux (au-delà du carbone). De la même manière, un standard additionnel CCB Standards (Climate, Community & Biodiversity) est particulièrement utilisé pour les projets forestiers et garantit une prise en compte équilibrée du climat, des communautés et de la biodiversité.

Les labels et tags additionnels permettent aux acheteurs de mieux cibler leurs priorités : biodiversité, co-bénéfices sociaux, innovation technologique, etc.

L’Integrity Council for the Voluntary Carbon Market (ICVCM) fournit également une référence en matière de haute intégrité à travers ses Core Carbon Principles (CCP). L’évaluation CCP porte à la fois sur les programmes de certification carbone et sur les méthodologies individuelles. Il est important de noter qu’un programme éligible aux CCP ne signifie pas automatiquement que tous les crédits qu’il émet sont approuvés selon les CCP. Les acheteurs doivent vérifier le statut de la méthodologie et de la catégorie de projet concernés. L’ICVCM poursuit ses évaluations à mesure que les standards et méthodologies évoluent.

Quel est l’impact du Corporate Net-Zero Standard V2.0 du SBTi sur les contributions climatiques ?

Le Corporate Net-Zero Standard V2.0 de la Science Based Targets initiative (SBTi), publié en juin 2026, renforce le principe selon lequel les entreprises doivent donner la priorité à la réduction de leurs émissions dans leurs opérations et leur chaîne de valeur. Il introduit également l’Ongoing Emissions Responsibility (OER), ou responsabilité pour les émissions continues, un programme volontaire de reconnaissance visant à encourager les entreprises à prendre en charge les émissions générées sur leur trajectoire vers le zéro émission nette grâce à des contributions climatiques de haute intégrité.

Les crédits carbone ne doivent donc pas être considérés comme un substitut à la décarbonation, mais comme un complément aux réductions d’émissions en soutenant des projets carbone vérifiés et des actions climatiques au-delà de la chaîne de valeur de l’entreprise. Dans le cadre de l’OER, les entreprises peuvent obtenir différents niveaux de reconnaissance en fonction de la part de leurs émissions résiduelles prise en compte et de l’approche adoptée.

Le Standard est actuellement en phase de transition : la Version 1.3.1 reste disponible pour la définition des objectifs jusqu’au 31 janvier 2028, tandis que la Version 2.0 deviendra obligatoire pour les nouvelles soumissions à partir du 1er février 2028.

Pour les entreprises qui élaborent aujourd’hui leur stratégie de contribution climatique, cette évolution renforce l’importance de sélectionner des crédits de haute intégrité, alignés sur leurs objectifs climatiques, leur profil de risque et leur trajectoire à long terme vers le zéro émission nette.

Quels facteurs déterminent le prix des crédits carbone ?

Il n’existe pas de prix unique pour un crédit carbone. Les prix varient considérablement en fonction du mécanisme climatique du projet, de la technologie utilisée, de sa localisation, de ses coûts de développement, de la permanence, de la certification, des co-bénéfices et du stade de développement du projet.

En général, les crédits associés à des technologies de retrait plus complexes ou nécessitant des investissements importants ont tendance à être plus coûteux, tandis que certains projets matures de réduction des émissions peuvent être disponibles à des prix plus faibles. Cependant, le prix ne doit pas être considéré comme un indicateur de qualité. Pour les organisations qui construisent un portefeuille carbone, l’objectif doit se concentrer sur l’évaluation de la qualité, l’impact, les risques et l’alignement stratégique des projets carbone choisis en parallèle du prix, plutôt que de rechercher simplement les crédits les moins chers.

Quels crédits carbone devriez-vous acheter ?

Il n’existe pas de type de crédit carbone universellement meilleur que les autres. Le choix dépend de la stratégie climatique de l’organisation, de ses priorités, de sa tolérance au risque, de son budget et des impacts recherchés.

Les projets fondés sur la nature peuvent générer d’importants bénéfices en matière de biodiversité, d’écosystèmes et de développement local, mais peuvent être exposés à des risques tels que les incendies, les maladies ou les changements d’utilisation des terres, susceptibles d’affecter la permanence du carbone. Les projets communautaires peuvent apporter d’importants bénéfices sociaux et environnementaux tout en réduisant les émissions au niveau des ménages ou des communautés. Les projets technologiques et d’ingénierie peuvent offrir des retraits de carbone hautement mesurables et durables, mais nécessitent souvent des coûts plus élevés et des délais de déploiement plus longs.

Plutôt que de choisir un seul type de projet, les organisations peuvent combiner différentes approches afin de créer un portefeuille carbone diversifié. Cette diversification permet de répartir les risques entre différents projets, géographies, mécanismes climatiques, profils de permanence et co-bénéfices, tout en soutenant un éventail plus large de solutions climatiques. Pour plus d'informations, n'hésitez pas à nous contacter

Pourquoi diversifier vos crédits carbone avec une approche par portefeuille ?

Le marché du carbone offre une large gamme de projets, chacun présentant des caractéristiques, des risques, des coûts et des impacts différents. Une approche par portefeuille permet aux organisations de combiner des projets issus de différentes typologies, géographies, mécanismes climatiques, profils de permanence et catégories de co-bénéfices, plutôt que de dépendre d’un seul projet ou d’une seule solution climatique.

Un portefeuille bien construit peut aider les organisations à équilibrer leur impact climatique, gérer les risques spécifiques aux projets, soutenir un éventail plus large de solutions climatiques et aligner leurs contributions sur l’évolution des stratégies climatiques des entreprises. Alors que les entreprises se préparent à la transition vers le Corporate Net-Zero Standard V2.0 du SBTi et son cadre Ongoing Emissions Responsibility, la construction d’un portefeuille de projets carbone réfléchi peut également offrir une approche flexible pour soutenir dès aujourd’hui des actions d’atténuation de haute intégrité, tout en anticipant l’importance croissante des retraits de carbone à l’avenir.

La priorité doit toujours être donnée à la qualité : une due diligence rigoureuse, des méthodologies transparentes, des bénéfices climatiques crédibles et des impacts environnementaux et sociaux significatifs. Chez ClimateSeed, nous accompagnons nos clients dans la création de portefeuille de projets carbone adapté à leurs besoin et à leurs enjeux. 

N"hésitez pas à nous contacter pour découvrir notre approche. 

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FAQs

Comment évaluer la qualité d’un crédit carbone ?

Il convient notamment de vérifier son additionnalité, la robustesse de la quantification, la vérification indépendante, la permanence et la traçabilité. Il est également important d’évaluer le projet et la méthodologie spécifiques, plutôt que de se fier uniquement au standard de certification.

Un crédit carbone plus cher est-il nécessairement de meilleure qualité ?

Non. Le prix dépend de facteurs tels que le type de projet, la technologie, la localisation, les coûts de développement, la permanence et les co-bénéfices, mais il ne constitue pas à lui seul un indicateur de qualité. Les acheteurs doivent également prendre en compte l’intégrité climatique, les risques, les impacts et la pertinence stratégique du crédit.

Pourquoi les entreprises devraient-elles envisager un portefeuille de projets carbone ?

Un portefeuille de projets carbone permet aux entreprises de diversifier leurs contributions entre différents types de projets, zones géographiques, mécanismes climatiques, profils de permanence et co-bénéfices. Cela peut contribuer à équilibrer les risques spécifiques aux projets, le budget et les impacts climatiques, tout en soutenant un éventail plus large de solutions climatiques de haute intégrité.

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