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Croissance du PIB et crise climatique : conciliable ou antinomique?

Vincent Loubinoux
Technique
“La Banque de France prévoit un rebond du PIB de 5 % en France en 2021” titrait Le Figaro le 14 décembre dernier. Si cela semble être une bonne nouvelle, quelle pertinence pouvons-nous accorder à cette déclaration ? Les mots du prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, le 19 juin 2020 dans une interview accordée à l’Agence France Presse, nous donnent déjà un élément de réponse: « Le PIB ne prend pas en compte les inégalités, le manque de résilience, le manque de durabilité ». 
 
Défini comme la somme en valeur ajoutée de l’ensemble des biens et services produits dans un pays, le Produit Intérieur Brut (PIB) est aussi égal à la somme de l’ensemble des revenus (dividendes, salaires, etc.) de l’économie. La croissance économique, qui reste l’indicateur principal pour analyser la réussite d’une économie, correspond à l’augmentation exprimée en pourcentage du PIB par rapport à une année de référence sans prendre en compte l’inflation. Alors que nous souffrons toujours de la crise du Covid-19, cet indicateur doit-il rester notre unique boussole pour faire face au défi de l’adaptation de nos sociétés aux nouveaux enjeux économiques, sociaux et environnementaux ? A quels défis nos sociétés font et devront-elles faire face à cause du dérèglement climatique ? Quelles solutions les états et les entreprises ont-ils déjà adoptées pour essayer de limiter les conséquences des bouleversements actuels ? 
 
L’augmentation du PIB : un indicateur économique imparfait…
 
L’augmentation du PIB est souvent associée à une augmentation des richesses qui peuvent être partagées au sein de la population. Sa valeur correspond bien à une augmentation de la richesse produite dans un pays, mais ne donne aucune indication sur la répartition de cette richesse entre les actifs. Un PIB qui croît peut très bien s’accompagner d’une augmentation importante des inégalités. En France, l’indice Gini, qui mesure les inégalités, a par exemple connu en 2018 sa plus forte augmentation depuis 2010 avec un taux de pauvreté culminant à 14,7% alors que le taux de croissance du PIB français a atteint 1,7% la même année.
Pire, la notion d’utilité des biens produits n’est pas non plus reflétée dans cet indicateur : une augmentation conséquente de la vente d’anxiolytiques ou d’armes dans un pays donné augmenterait donc mécaniquement la valeur du PIB sans faire ressortir les causes de ces comportements d’achats. La vente d’armes aux États-Unis a d’ailleurs connu en 2020 un nouveau record qui contribue donc positivement au taux de croissance du pays. La vente de masques pour se protéger d’une pandémie aussi… L’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni et la Belgique ont intégré dès 2014 la valeur des échanges de leurs économies souterraines à leur PIB à la demande des instances européennes. En France, en 2019, on estime que l’économie souterraine (activités illégales ou travail non déclaré) représentait 12% du PIB.

A l’échelle individuelle, la comparaison de l’impact économique de l’utilisation d’une voiture par rapport à celle d’un vélo, au-delà d’être d’actualité, est également pertinente. L’utilisation de la voiture entraîne en effet l’achat régulier de carburant, la visite chez un garagiste, la souscription à une assurance, le potentiel coût lié aux accidents de la route, un impact environnemental et sanitaire néfaste… L’utilisation du vélo a au contraire un impact économique bien plus faible : il sollicite uniquement un technicien vélo et contribue même à l’amélioration de la santé de son utilisateur. En d’autres termes, si l’on recherche la croissance économique, l’utilisation d’un vélo ne serait ainsi pas souhaitable pour la société. De plus, l’économie non marchande n’est pas comptabilisée dans le PIB. L’ensemble des tâches que nous réalisons à titre gratuit dans notre vie de tous les jours qui auraient pu faire l’objet d’un échange marchand (tâches ménagères, éducation des enfants, activités sportives, etc.) pour le même résultat ne vient pas accroître l’indicateur.
 
Enfin, l’augmentation du PIB peut correspondre à l’augmentation de la richesse d’un pays d’une année sur l’autre, mais ne reflète en rien le capital déjà existant.
Cela explique que les pays en voie de développement qui sont en rattrapage économique par rapport aux pays développés ont (hors période Covid) des taux de croissance à deux chiffres car leurs populations s’équipent. La comparaison des taux de croissance entre des pays à des stades de développement différents est donc compliquée, voire complètement inutile. Se focaliser uniquement sur un taux de croissance revient à occulter les efforts de construction du passé. Notre raisonnement met donc en lumière les faiblesses de la pertinence d’une analyse de la performance économique au travers de la croissance du PIB. Cet indicateur quantitatif n’apporte aucune information qualitative sur la production de richesse ni sur son impact sur une société.
 

… qui ne prend pas en compte le rôle de l’énergie et les externalités négatives sur l’environnement 
  
Le postulat des économistes du XIXe siècle concernant la croissance économique occulte le rôle de l’énergie. Encore aujourd’hui, le travail et le capital sont considérés comme les deux seuls facteurs de production permettant la croissance économique. Jean-Baptiste Say disait par exemple : "Les richesses naturelles sont inépuisables, car, sans cela, nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées ni épuisées, elles ne sont pas l'objet des sciences économiques" dans son livre Cours d'économie politique et autres essais. 
 
Cette hypothèse de base a deux conséquences directes importantes : la comptabilisation des ressources naturelles dans le PIB est tronquée et notre compréhension des enjeux de la croissance économique occulte notre dépendance énergétique. D’une part, l’argument formulé par Jean Baptiste Say, logique au XIXe siècle avec les connaissances de l’époque et une vision du monde totalement différente de la nôtre aujourd’hui, est bien entendu faux avec notre regard contemporain. Dès lors, la comptabilisation des ressources dans le PIB pose problème. Le PIB va en effet refléter de la même manière l’échange d’un bien ou d’un service qui provient d’une ressource complètement renouvelable – comme le vent – et l’échange d’un autre bien ou service permis par l’utilisation d’une ressource amenée à disparaître comme le pétrole. Le PIB ne reflète donc pas la rareté ni l’épuisement de la ressource dans le temps et ne permet pas d’anticiper la disponibilité des ressources pour les générations futures. Les externalités négatives de certaines activités économiques sur l’environnement ne sont pas non plus prises en compte dans le calcul du PIB. Les moyens utilisés pour lutter contre la pollution de l’air dans les villes ou la perte de biodiversité auraient très bien pu être alloués plus efficacement à d’autres activités économiques plus utiles et potentiellement plus rentables. Considérer les ressources naturelles comme gratuites dans le calcul du PIB peut donc très bien diminuer la richesse produite pour l’ensemble de la société. Certaines activités économiques peuvent sembler rentables, mais ne le seraient pas en prenant en compte la perte potentielle d’autres activités économiques qui auraient été possibles sans la destruction de ces ressources. 

D’autre part, les méthodes définies pour favoriser la croissance économique aujourd’hui correspondent toujours à l’amélioration de l’efficacité des deux facteurs de production cités auparavant. L'énergie représentant une contribution faible en termes de revenu dans le PIB - la valeur du pétrole acheté sur les marchés en une année représente par exemple 3% du PIB mondial - une baisse de la quantité d'énergie disponible dans le modèle économique tel que compris actuellement impacterait donc marginalement le taux de croissance. Or c’est bien l’énergie qui permet le transport et donc les échanges, c’est bien l’énergie qui permet l’utilisation des machines de production, c’est bien l’énergie qui est à la base de la production agricole, etc. De plus en plus d’économistes et de scientifiques tels que Jean-Marc Jancovici ou Gaël Giraud s’inscrivent en faux : c’est bien l’énergie qui est à la base de la croissance et non l’inverse. La relation entre l’énergie et le PIB dans le temps est d’ailleurs linéaire.


Alors que l’énergie que nous utilisons dans le monde est à 80% d’origine fossile (le pétrole majoritairement pour nous déplacer, le charbon et le gaz pour nous chauffer et nous éclairer), il est extrêmement important d’anticiper notre dépendance énergétique future en prenant en compte le coût réel des ressources que nous utilisons. Le taux de croissance, facteur quantitatif certes intéressant quand il s’agit de comptabiliser la création de capital dans un pays qui s’équipe, ne peut plus rester notre unique boussole dans un monde qui doit faire face à des équilibres sociaux et environnementaux très instables. 

Depuis quelques années, de nouveaux indicateurs ont émergé pour pallier les failles du PIB. Ces baromètres conservent souvent une composante économique comme l’Indice de Développement Humain (IDH) développé par l’ONU en 1990 et incluant l'espérance de vie à la naissance, l’accès à l'éducation et le PIB par habitant.  Loin d’être parfait, l’IDH constitue tout de même une alternative au PIB pour mesurer la croissance d’un pays. L'objectif de plusieurs états dans les années à venir est de multiplier les indicateurs pour mieux prendre en compte les enjeux sociaux et environnementaux de nos sociétés afin d’éclairer les politiques dans leur processus décisionnel.

Et pourtant nous devons réduire drastiquement nos émissions de CO2… 

Initialement évoquée lors de la COP15 à Copenhague en 2009, la barre symbolique des deux degrés n’a été officiellement fixée qu’en 2015 à l'issue des Accords de Paris sur le Climat. Concrètement, l’objectif était de maintenir l’accroissement de la température en deçà de 2 degrés comparée à l’ère préindustrielle. 

Au-delà de ce seuil, les conditions de vie de centaines de millions d’individus pourraient être complètement bouleversées par le dérèglement climatique, notamment du fait de l’augmentation considérable des événements extrêmes qui auront un impact important sur nos économies et sur le taux de croissance. Nous le savons donc depuis longtemps, réduire drastiquement nos émissions de CO2 est un enjeu primordial. En effet, les activités humaines relâchent une trop grande quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, augmentant mécaniquement et de manière trop importante leur concentration: c’est l’effet de serre. 

La concentration trop élevée de ces gaz dans l'atmosphère bouleverse le pouvoir de captation du rayonnement infrarouge émis par la terre suite à l’emmagasinement de l’énergie solaire par notre planète: plus la concentration s'élève, plus la température augmente. Depuis quelques années, on observe donc une intensification des événements climatiques extrêmes n’épargnant aucune région du monde : des feux plus puissants ravagent des millions d'hectares de forêts, les cyclones se déchaînent sur nos côtes et l’air des villes devient toujours moins respirable. 

Sur le graphique ci-dessous, on peut observer une multiplication par un facteur quatre du nombre de catastrophes naturelles entre les années 70 et aujourd’hui.


Prenons un exemple très parlant pour illustrer le danger et l’immédiateté des événements climatiques auxquels nous devons faire face. Dans une étude publiée le 9 avril 2020 dans la revue Geophysical Research Letters, il est prouvé que la calotte glaciaire groenlandaise a perdu 600 milliards de tonnes de glace en 2 mois, entraînant une élévation du niveau des mers de 2,2 mm. Cela doit nous préoccuper car l'augmentation du niveau des océans pourrait engendrer des mouvements de population colossaux : 20% des habitants de la planète vivent à moins de 30 km des côtes. L'Asie sera la première touchée, mais n'oublions jamais que cela nous concerne également. Les zones en rouge sur la carte ci-dessous pourraient être inondées de manière permanente ou temporaire d'ici 2050. 
 
Source : Climate Central - Surging Seas
 
Ces événements vont donc impacter nos façons de vivre mais ont déjà et auront demain des conséquences économiques très importantes. 

Dès 2006, la Stern review commandée par le gouvernement britannique à l’économiste Nicholas Stern met en avant les conséquences du changement climatique sur l’économie mondiale : il chiffrait entre 5% et 20% la baisse du PIB mondiale chaque année à cause du réchauffement climatique. Il reste néanmoins très difficile de chiffrer précisément le coût du changement climatique selon les critères retenus : ressources naturelles épuisées, coût des catastrophes, pertes agricoles, chômage, etc. D’autres études ont été menées pour chiffrer les coûts de l’adaptation au changement climatique. En 2009, le rapport Parry établit une corrélation entre coûts de l’adaptation, coûts des impacts liés à l’inaction et coûts d’atténuation. Depuis, on estime que le coût de l’adaptation ne cesse d’augmenter pour atteindre presque 109 milliards de dollars à l’échelle mondiale en 2015, dont plus de la moitié des coûts supportés par les pays en développement. En 2019, la Commission globale pour l’adaptation publie un rapport établissant que 1800 milliards de dollars investis aujourd’hui dans l’adaptation au changement climatique rapporteraient 7000 milliards de dollars dans dix ans. 

La “Stern review” a été la première étude d’envergure pour tenter de chiffrer le coût du réchauffement climatique. Aujourd’hui, nous disposons de plus de données qui permettent notamment de chiffrer les coûts liés aux phénomènes extrêmes. Entre 1990 et 2016, le coût a presque été multiplié par 2.









En 2014, le GIEC a publié une synthèse de plusieurs recherches et a mis en avant la notion de coût de l'inaction. Il augmente au fur et à mesure que le temps passe. Agir dès maintenant serait certes un investissement très coûteux à court terme, mais ce coût serait bien plus élevé si les gouvernements décidaient d’attendre. Les investissements nécessaires à la préservation de notre planète doivent être réalisés sans attendre pour créer un monde plus résilient et parce qu’il serait économiquement irrationnel de faire peser sur les générations futures le poids de la dette climatique.  Il est estimé que les principales sources de dépenses seraient liées à la santé, au chômage et à la réduction d’activité liée à la raréfaction des ressources naturelles et la perte de qualité des sols et de l’eau. De nombreux domaines d’activités sont et seront donc encore plus bouleversés par l’évolution de notre climat, de l’agriculture au tourisme en passant par le secteur de l’énergie et celui de l’assurance.  Le coût pour le secteur de l’assurance sera particulièrement important. En 2015, le directeur régional de l’ADEME, Hervé Pignon, disait déjà : ''En 1900-1910, on estime, à l’échelle nationale, à 10 le nombre d’aléas climatiques majeurs par an non prévus. Pour 2050, la projection est de 280 aléas, alors que les sociétés d’assurances sont dimensionnées pour 50-60 aléas. D’où la nécessité de l’adaptation, face à un système assurantiel qui ne fonctionnera plus.'' Les primes d’assurances seront proposées à des tarifs bien plus élevés qu'aujourd'hui pour prendre en compte les risques climatiques, impactant le pouvoir d’achat de la population dans son ensemble. Les pertes envisagées causées par notre incapacité à agir s’estiment à des milliers de milliards de dollars selon le Réseau Action Climat France.

Source : Réseau Action Climat France

De la nécessité de réduire les émissions de CO2 est né le concept de finance carbone 

Face à ce constat objectif que nos activités anthropiques génèrent déjà et généreront encore davantage demain des conséquences économiques graves pour nos sociétés, comment les états se sont-ils adaptés à cette réalité ? 

Ils ont rapidement compris la nécessité d’une coopération internationale pour limiter les émissions de CO2 au niveau mondial.  C’est lors du Protocole de Kyoto, traité international signé en 1997, que 38 pays signataires (sur 55) s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 5% sur la période 2008-2012 par rapport aux niveaux de 1990. Pour ce faire, le traité propose la mise en place d’un « système d’échange de quotas d’émission » qui, suivant le principe du pollueur-payeur, avait pour but d’encourager les industries les plus émettrices à réduire leurs émissions et les obliger à payer si elles souhaitaient polluer davantage.  En effet, le traité fixe une limite d’émission à ne pas dépasser aux industries les plus émettrices (sidérurgie, métallurgie, transformation énergétique, etc.). Pour aider les entreprises les plus polluantes à atteindre leurs objectifs de réduction, trois mécanismes de flexibilité ont été intégrés dans le traité. Tout d’abord, un système international d’échange (SIE) a été mis en place. Les entreprises dépassant la limite de quotas imposés par les pouvoirs publics pouvaient acheter des quotas d’émissions aux entreprises n’ayant pas utilisé tous les quotas qui leur étaient alloués. 

Ensuite, un mécanisme dit de mise en œuvre conjointe (MOC) permettant aux entreprises d’acheter des crédits carbone provenant de projets de réduction d’émission de GES d’autres pays signataires du traité – souvent des pays industrialisés. Enfin, un mécanisme de développement propre (MDP) dont le but est le financement de projets dans les pays en voie de développement visant la réduction de GES générant ainsi des « réductions d’émissions certifiées » (CER).

Le marché du carbone réglementé constitue donc l’un des premiers outils de politique climatique qui entrave à court terme la possibilité de production de certaines entreprises en les poussant à investir dans des technologies plus respectueuses de l’environnement si elles souhaitent garder et favoriser leur compétitivité à moyen terme. 

On constate sur le graphique ci-dessous que les émissions de CO2 des entreprises visées ont baissé d’environ 30% entre 2005 et 2018.  


Parallèlement à ces mécanismes, le marché de la compensation carbone volontaire, quant à lui, ne traite pas de l’échange de quotas d’émissions pour des industries fortement émettrices mais permet à toute personne physique ou morale de compenser ses propres émissions de CO2 en achetant volontairement des crédits carbone associés à un projet de compensation carbone. 1 crédit carbone représente 1 tonne de CO2. Ce marché permet de « réduire ailleurs les émissions qu’elle estime ne pas pouvoir éviter dans son périmètre d’activité ». Ce mécanisme vient donc en complément du MDP ; les projets de compensation carbone étant la plupart du temps dans des pays en voie de développement. Les crédits carbone échangés sur ce marché sont des « Voluntary Emission Reductions » (VER). 

A la différence des réductions d’émissions certifiées (CER), un « premium » social est presque toujours associé aux VER. Ces co-bénéfices associés au projet de réduction (création d’emploi, accès à l’éducation, lutte contre la faim, réduction des inégalités, etc.) sont aujourd’hui la plupart du temps liés aux Objectifs du Développement Durable (ODD) définis par les Nations Unies. Le marché de la compensation carbone volontaire est nécessaire pour permettre aux nations de respecter leurs engagements de neutralité carbone à moyen terme. En France, par exemple, Le Label Bas-Carbone, un cadre législatif permettant la mise en place de projets permettant de séquestrer des émissions de CO2 sur le territoire, a été lancé car nous faisons face au facteur 6 : notre économie émet 6 fois plus de carbone dans l'atmosphère que nos puits de carbone peuvent en capturer, d'où la nécessité pour respecter l'accord de Paris de financer massivement de nouveaux puits de carbone sur le territoire. Le secteur privé a donc un rôle majeur à jouer pour soutenir l'initiative du gouvernement en introduisant ces contributions dans sa stratégie environnementale.  Contributions qui permettront l’atteinte d’objectifs sociaux et environnementaux précis, créeront des emplois sur le long terme et faciliteront la transition énergétique dans les pays qui souffrent déjà des conséquences du réchauffement climatique aujourd’hui.

Réduire les émissions carbone demeure certes le nerf de la guerre pour aboutir à des modèles de production plus respectueux de l'environnement, mais il est utopique de penser que d'ici 2050 nous atteindrons l'objectif de neutralité carbone sur le périmètre français sans un effort conséquent pour augmenter nos puits. Mesurer, identifier, rendre public de manière transparente l’impact de ces contributions climatiques sera donc le prochain enjeu du secteur privé ce qui permettrait d’envisager le rôle et la mission des entreprises dans la société de manière différente. 

Le marché de la compensation carbone volontaire, parce qu’il est la porte d’entrée vers des externalités positives qui vont bien au-delà de l’enjeu climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre, est une voie intéressante pour intégrer des indicateurs de performance qualitatifs au sein des entreprises qui vont au-delà du simple aspect quantitatif mesuré par le PIB.  Ne nous leurrons cependant pas : les efforts entrepris par les états et la mobilisation de la sphère économique privée demeurent aujourd’hui insuffisants pour respecter les engagements de neutralité carbone à moyen terme. Redéfinir notre manière de comptabiliser le progrès de nos économies, repenser nos façons d’habiter notre planète, limiter individuellement nos émissions de gaz à effet de serre sont aujourd’hui des enjeux impérieux pour que nous puissions tous demain coexister. 




(1) https://www.lefigaro.fr/flash-eco/la-banque-de-france-anticipe-un-rebond-de-5-du-pib-en-2021-20201214
(2) https://www.lefigaro.fr/economie/pandemie-joseph-stiglitz-plaide-pour-se-debarrasser-du-pib-20200619
(3) https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/chiffrer-le-cout-de-l-inaction-un-tournant-dans-la-prise-de-conscience-climatique-143650.html
(4) https://www.novethic.fr/actualite/infographies/isr-rse/infographie-investir-dans-l-adaptation-au-changement-climatique-c-est-quadrupler-la-mise-de-depart-et-sauver-des-milliers-de-vies-147672.html





Article rédigé par Vincent Loubinoux

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